14déc.

Eau / Vittel : quelles solutions pour pérenniser la ressource ?

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Dans l’ouest vosgien, le niveau de la nappe des Grès du Trias Inférieur (GTI), suscite depuis plusieurs années des inquiétudes. Aujourd’hui, environ 3 millions de m3 d’eau sont prélevés annuellement dans le secteur de Vittel, alors que la recharge naturelle dans ce secteur est de 2 millions de m3. Il existe donc un déficit d’un million de m3 qu’il faut combler. Comment pérenniser durablement cette ressource, assurer la meilleure desserte au meilleur coût pour tous les usagers ? C’est tout l’enjeu de la concertation préalable du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) GTI qui est lancée le 13 décembre.

Présente sur l’ensemble de la Lorraine, la nappe des GTI s’étend jusqu’au Luxembourg et à l’Allemagne et s’enfonce sous le Bassin Parisien. Dans les Vosges, cette nappe située dans l’ouest du département présente un contexte hydrogéologique particulier : elle offre une eau de très bonne qualité mais sa capacité de recharge est faible. 

La création de forages s’est développée à partir des années 1960 ; notamment dans les secteurs de Vittel-Contrexéville afin d’accompagner le développement de l’exploitation des eaux minérales. L’exploitation s’est ensuite étendue vers les secteurs de Mirecourt, Bulgnéville et Martigny-les-Bains afin d’assurer l’alimentation en eau potable des populations. La forte augmentation du nombre de forages des années 1960 aux années 1990 a entrainé des baisses importantes des niveaux d’eau de la nappe, notamment dans le bassin de Vittel-Contrexéville-Bulgnéville. C’est pourquoi a été mise en place une Commission locale de l’Eau (CLE) qui est chargée de réaliser un Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE).

Rôle de la CLE

La CLE décide et valide toutes les étapes et les solutions de gestion à mettre en place pour la gestion de la nappe des grès du Trias inférieur. Cette commission n’a pas de personnalité juridique et doit donc se reposer sur une structure porteuse chargée d’apporter les moyens humains et matériels pour mener à bien le SAGE. La présidence de la CLE est assurée par Mme Régine BEGEL.

Quels enjeux ?

Les prélèvements en eau dans la nappe servent à l’alimentation en eau potable des populations, aux activités industrielles (les plus gros consommateurs sont l’Ermitage, Nestlé Waters et Elivia) et agricoles. Les objectifs du SAGE de la nappe des GTI sont de définir les règles d’usage permettant :

- D’équilibrer les volumes prélevés

- De pérenniser l’alimentation en eau potable des populations tout en répondant aux enjeux économiques du territoire.

L’état des lieux

L’état des lieux a été mené avec l’appui technique du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), qui a, entre autres, développé un modèle hydrogéologique. Quatre rapports publics ont été produits.

Le BRGM a donc proposé différents programmes d’action et a ainsi chiffré la mise en place de mesures d’économies d’eau (300 000 m3/an pourraient être économisés, représentant 21% de l’effort d’abattement attendu) et de mesures de diversification des ressources en eau utilisées. Chaque programme d’action a fait l’objet d’une analyse coût-efficacité. D’après le BRGM, le déficit à combler pour la construction des programmes d’action, est estimé à 1,35 million m3/an (hypothèse haute de déficit en 2030).

En avril 2016, la CLE a validé la stratégie du SAGE : « Combler le déficit de 1,35 Mm3/an par des mesures d’économies d’eau et des mesures de substitution ». Elle a également validé le lancement d’un schéma directeur visant à préciser la mise en œuvre de solutions de substitution. Différents scénarios ont été proposés dont celui de capter l’eau dans la nappe des GTI du secteur Sud Est (Valfroicourt, Lerrain, Ville-sur-Illon) qui n’est pas déficitaire.

La particularité de ces scénarios de diversification est leur caractère évolutif dans le temps et dans l’espace (0,5 Mm3/an peuvent être transférés puis à nouveau 0,5 Mm3/an si nécessaire). Les montants des scénarios de diversification se situent entre 7 et 15 millions € en investissement et entre 300 et 600 000 €/an en fonctionnement.

En juillet 2018, la CLE a voté les principes directeurs du SAGE : la CLE propose un projet où le déficit de la nappe des GTI est résorbé, où tous les efforts d’économies d’eau de tous les usagers sont pris en compte pour résorber le déficit. Aussi, pour satisfaire tous les usages de l’eau, des diversifications de ressources peuvent être mises en place, sans détériorer les ressources associées.

Nestlé Waters s’est proposé de prendre en charge le surcoût engendré pour les usagers par la mise en place de l’un de ces scénarios.

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